ÉdACÉcole des arts et cultures

Éloïse Dubuc-Mageau

Traduction et rédaction, ÉdAC 2026, UQO

J’ai emprunté bien des détours avant d’arriver au baccalauréat en traduction et en rédaction. J’ai étudié la littérature, le travail social, l’analyse biomédicale; j’ai travaillé dans les hôpitaux, les champs, les boulangeries; j’ai déballé puis remballé mes valises en Montérégie, à Montréal, dans le Grand Nord, en Outaouais. Après avoir battu les sentiers de mes pieds rêveurs, je suis revenue au point de départ : ma passion pour les langues et une soif de connaissances inassouvissable.

La langue est avant tout le prisme à travers lequel on peut capter le monde : elle ordonne cette masse informe qui tour à tour apeure et fascine. En traduisant les mots des autres, j’ai habité les yeux, les mains et le souffle de personnes de tous les horizons. En traduction, comme on étudie la langue et que la langue parle du monde, on étudie finalement… tout. En cours de route, j’aurai étudié les sujets les plus communs et les plus obscurs : phénomènes astronomiques, enjeux écologiques, politique des États-Unis, système judiciaire et bien d’autres.

J’aimerais cependant accorder une attention spéciale aux cours qui m’ont permis de réfléchir à l’éthique du traduire : la communication reste un geste politique. Avec la polarisation des discours et la montée de l’intelligence artificielle qui parasite nos médias, il nous faut réfléchir aux conséquences d’évacuer l’humain de la communication. J’espère qu’à titre d’agente de la culture, je contribuerai à résister à l’effacement des nuances.

À l’aube de l’obtention de mon diplôme, j’observe d’un œil tendre la poussière sur mes bottes, cumulée au fil de mes errances. Armée d’empathie et de curiosité, je lève les yeux vers l’horizon : il me semble déjà voir se dessiner le prochain détour.